"Grover" Williams

"Grover" Williams

 

«Grover» Williams ou le mystérieux destin du 1er vainqueur du GP de Monaco…


 

1929 : à Monaco va se courir pour la première fois un Grand Prix sur un circuit annoncé comme fou de par son tracé en ville, ses virages, ses dénivelés et une chaleur terrible qui y régnait ce jour-là ; les favoris étaient les Alfa Romeo et le réputé Caracciola avec sa Mercédès SSK 7 litres ! Williams, seul Britannique engagé avec sa Bugatti 35 B ne faisait pas figure de favori, loin de là ; et pourtant après des passes d’armes à la limite et beaucoup de courage, Williams gagna ce premier GP qui deviendra iconique depuis ; la notoriété du pilote anglais devint bien entendu exponentielle dans ce milieu, et au fil des années suivantes, il mena une vie de gentleman-driver toujours élégant, considéré comme un dandy mais très compétent, au point qu’il fut l’initiateur en 1936 d’un programme de records de fiabilité avec les nouveaux « tanks » Bugatti en compagnie de Jean-Pierre Wimille et Robert Benoist ; et en 1937, ces deux pilotes gagnèrent les 24h du Mans avec ces mêmes autos.

 

 

Mais la guerre arriva bientôt et Williams regagna la Grande Bretagne ; ne voulant pas rester passif, il fut alors recruté par le SOE qui créait toutes les formes possibles d’espions, de saboteurs, d’agents doubles pour contrer l’Allemagne nazie ; sa connaissance du français (il avait épousé une Française en 1929), ses qualités d’homme l’ont fait parachuter en France où il a monté, entre autres avec Jean-Pierre Wimille, Robert Benoist ainsi que des membres de leurs familles respectives (Ettore Bugatti lui-même, considéré comme hors-course par les Allemands après la mort de son fils Jean, leur a fourni des faux documents d’identité !) un réseau de sabotage, de renseignements, d’actions « terroristes » contre l’occupant. Ils ont réussi de nombreux coups d’éclat mais finirent par être capturés et pour certains (Robert Benoist notamment malgré une évasion entre deux arrestations), été envoyés dans des camps d’extermination où ils furent exécutés en 1942.

Et c’est à partir de ce moment que la destinée de Williams devient incertaine : officiellement, il a été exécuté en Mars 1945 à Sachsenhausen, peu avant l’arrivée des troupes russes libératrices des camps. Toujours officiellement, il n’y a plus de trace de lui ; mais en 1990, un réalisateur voulut faire un film sur Williams et l’histoire de Bugatti (le célèbre Nick Mason, des Pink Floyd avait demandé une telle recherche auparavant). A force de recherches particulièrement difficiles, car les archives du SOE avaient été détruites , et après des contacts internationaux, des indices notamment de source allemande concernant le départ du camp vers Berlin de Williams et un autre officier anglais auraient abouti après plusieurs années à recouper l’existence du pilote en URSS probablement comme espion pour le MI 6 britannique jusqu’en 1947. D’étranges coïncidences autour d’ un certain Georges Tambal qui aurait vécu au même endroit que Williams avec sa femme en Normandie, qui appréciait les belles voitures et s’y connaissait énormément en plus d’autres suppositions ont fait que cet homme ayant apparemment  beaucoup souffert de blessures pendant la guerre pouvait être présumé, mais sans certitude, être Williams ; cependant aucune preuve dans un sens ou dans l’autre n’a pu être apportée et le mystère reste entier ; voilà en tout cas une destinée bien mystérieuse qui a fait de cet homme un grand pilote puis un héros puis un fantôme, ou pas, ce qui constitue une belle légende !

 

Crédit infos et photos : The Sunday Times

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